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25 février 2006

Cantina Barbagianni, Florence

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Bien manger dans une ville aussi touristique que Florence est bien sûr possible mais pas si facile que ça. Nombreux sont les chances de tomber dans un restaurant près des monuments connus, où la médiocrité de la cuisine proposée est proportionelle aux prix assassins qui figurent sur la carte. A s'abstenir donc. En Italie, un indicateur certain de se trouver devant une cantine à touristes est le fait de voire la carte en anglais plus ostensiblement que celle dans la langue de Dante. Mais revenons à nos moutons. Un de mes restaurants préférés de Florence, restaurant resté constant depuis 1996 pour la qualité de la cuisine et l'acceuil chaleureux, est donc la fameuse "Cantina Barbagianni", endroit presque caché dans la Via Sant' Egidio, 5 minutes à pied derrière le Duomo. Cantina_barbagianni_e_sera_028 Si on ne connait pas l'endroit, on ne peut effectivement pas se douter que derrière la façade un rien désuet de cet immeuble, se trouve un restaurant qui marie à merveille la cuisine traditionnelle toscane et la moderne créativité d'un jeune chef qui aime utiliser des produits de saison pour le bonheur de tout le monde. Nous avions réservé pour 19 h 30, mais la faim et mon gros rhume attrappé sous la raffalle de pluie printanier au cimetière de Soffiano nous ont poussé vers la Via Sant' Egidio plus tôt que prévu. Il était donc à peine 19 h 00 quand nous sommes arrivés au Barbagianni. C'est le chef lui même qui nous a acceuillis, s'excusant de ne pas encore être prêt à servir. C'est pas grave, il nous a installés dans la salle du sous-sol voûtée, à la lumière tamisée et aux multiples chandeliers en fer forgé. A peine étions nous assis que l'adorable Joan, jeune hollandaise qui parle l'italien avec l'accent de Florence (elle y habite depuis 15 ans), nous a apporté deux flutes avec un Prosecco frais et légèrement fruité. Pour inspirer notre choix du menu. Sympa ! Il fallait bien de l'inspiration pour choisir au Menu, tant il y a des tentations et des envies pour les plats à goûter. Une fois le choix Cantina_barbagianni_e_sera_007entériné, il nous restait plus qu'à attendre les merveilles qui allaient suivre. Pour nous mettre en appétit, Joan nous apporta rapidement une mise en bouche  : de la ricotta macérée aux agrumes et aux baies de poivre variées, brièvement cuite au four. Un délice crémeux et aromatisé aux zestes et au poivre. Mon Trebbiano d'Abbruzzo, vin blanc que j'avais commandé pour accompagner mon entrée et qui me fût déjà servi, allait à merveille sur la ricotta. C'est donc de bonne humeur que nous vîmes arriver les entrées : Cantina_barbagianni_e_sera_009 Mon chéri avait choisi "L'Antipasto Barbagianni", assiette généreuse qui donne un mini-aperçu des délices figurant sur la carte : une purée de petits pois parfumée à la marjolaine et aux noix, un "crostini" toscan à la mousse de foie, un tartare de saumon ultra frais, uniquement assaisonné à l'huile d'olive unique qu'est la Salvapiana di Ruffino, une huile verte et parfumée maintes fois primée, un "baccalaù" cru à la portuguèse, parfumé aux agrumes, un tartare de rouget-barbet sur un lit de patates écrasés tièdes, mélangés et assaisonnés avec de l'encre de sèche et un peu de charcuterie toscane. Un Ruffino rouge au ballon et du pain frais pour agrémenter le tout. Pour ma part, je n'étais loin d'être déçue par mon entree : Cantina_barbagianni_e_sera_012 des raviolis en forme de demi-lune farcis au pecorino et aux herbes, agrémentés de tranches de poires et surtout d'une sauce béchamel légère comme l'air au parfum de truffes, le tout garni généreusement de coppeaux du même champignon noble. Tchaïkovski in my mouth ! La suite fût toute aussi merveilleuse : le filet de boeuf tendrissime à la sauce au Stilton et Porto, et le risotto au taleggio, truffé du fameux jambon de Colonna et réduit au vinaigre balsamico, un réel délice pour les yeux et les papilles.

  Cantina_barbagianni_e_sera_016 Cantina_barbagianni_e_sera_017

Nous avions alors complètement adopté le Ruffino rouge, Chianti produit à quelques kilomètres dans les collines au dessus de la ville, à l'arome prononcé de cerises et de terre. A noter l'incroyable carte des vins et la possibilité de boire "au ballon" qui permet de goûter un vin avec chaque plat. Pour le dessert, pas besoin de mettre longtemps pour arreter le choix, malgré la diversité de la carte : nous avons opté pour le Sabayon de Vin Santo aux Bisquits de Prato, petits gateaux secs aux amandes, légèrement anisés. Cantina_barbagianni_e_sera_019 Imaginez une crème délicate et fondante qui prend tantôt un goût de miel prononcé, tantôt les arômes d'un vieux sauternes, entrecoupé par des bouchées croquantes de biscuits anisés aux amandes. Une vraie révélation. Pour finir ce repas délicieux, la maison nous a offert deux digestifs amères (type Fernet Branca) dont les noms m'échappent mais qui n'étaient pas moins efficaces pour éviter les éventuels lourdeurs d'un repas copieux.

Que dire de plus, autre que de souligner encore et encore la qualité de la nourriture, l'extrème gentillesse et l'attention permanente et professionnelle du service, la créativité des plats autour de la tradition toscane. L'excellent rapport qualité prix (80 € à deux, boissons compris).

La Cantina Barbagianni est l'endroit idéal pour un repas (dîner de préférence) en amoureux. Vue la taille du restaurant, je vous conseille fortement de réserver à l'avance, surtout en haute saison. Demandez une table dans la cave voûtée.

Cantina Barbagianni - Via Sant' Egidio 13R - 50122 Firenze -

+39055-2480508 - www.cantinabarbagianni.it -

09 janvier 2006

La Vraie Brasserie Munichoise

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Depuis une semaine, la météo allemande nous annonce du grand froid et du soleil, un temps idéal pour faire de longues promenades dehors. Pour ce qui est du froid, il y a pas de problème, les températures se situent entre 0 et - 5 degrés (en journée, la nuit il fait - 13). Par contre, je n'ai pas vu le moindre rayon de soleil depuis que l'année 2006 a commencé. Résultat : je ne sors que pour faire mes courses (et encore), car ce froid gris dehors me déprime au plus haut point et je me trouve mieux chez moi. En plus, il y a toujours de la neige, du verglas, bref tout ce qui vous décourage de mettre le nez dehors.

Hier je me suis dit que je ne pouvais pas continuer à mener cette vie de recluse et nous avons décidé de bouger. Pour échapper à ce froid sourd et gris, une parade magnifique : nous nous sommes fait un musée. Et pas le moindre : la Nouvelle Pinakothek, magnifique musée d'art (peinture, sculpture) qui héberge des trésors du 19ème siècle, mon époche préférée en art et littérature. Nous nous sommes régalés, mais en sortant du musée, vers 14 h 30, nous étions non seulement un peu "abrutis" par tant de belles choses vues et le fait de piétiner pendant des heures à un rythme bien plus fatigant que le pas de course, mais nous avions également une faim de loup.

Il fut donc vite décidé d'aller manger un morceau au Ratskeller. Le Ratskeller,vraie brasserie munichoise, est situé dans les caves voutés de la mairie néo-gothique de Munich. C'est une véritable institution, pas encore trop touristique malgré sa situation au coeur du centre de la ville. On y mange (et boit) à toute heure des spécialités bavaroises : Saucisses fumées de Franconie, Pied de Porc à l'étuvé et son choux, la "saucisse blanche", boudin blanc aux petits oignons et à la marjolaine, spécialité qu'on ne trouve qu'à Munich et servie UNIQUEMENT entre 11 h 00 et 12 h 00 (il est dit que la saucisse ne doit pas "entendre le carillon de midi"), et autres cochonailles.

Nous avons choisi un assortiment de saucisses sur un lit de purée de pommes de terre et de chou (pour mon chéri) et les fameux "Maultaschen", sorte de raviolis énormes farcis d'un mélange d'épinards et de chair à saucisse très fine, assaisonné également à la marjolaine et à la ciboulette(pour moi). Inutile de vous dire que nous avons accompagné ces plats rustiques avec de la bière munichoise (à consommer avec modération !). Si vous venez à Munich, je vous conseille fortement une visite dans cette brasserie fort connue qui reflète si bien (une partie) de l'esprit de cette ville.

Vous ne pouvez pas rater le Ratskeller sur Marienplatz, l'entrée se trouve directement aux arcades de la façade de la Mairie.

06 décembre 2005

Envie de Couscous

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Alors que tout autour de moi respire l’ambiance de nöel allemand, le vin chaud et le pain d’épices, me voilà prise d’une irresistible envie de cuisine marocaine. Pouvez vous croire qu’ici il n’y a pas un seul restaurant de cuisine nord africaine ? Mais même si un courageux restaurateur maghrebin devait s’aventurer un jour en Bavière, je ne suis pas certaine qu’il puisse rivaliser avec mon restaurant marocain préféré. Ce restaurant que je considère comme le meilleur en région parisienne (et ce n’est pas faute d’avoir testé …) n’est pas situé dans les quartiers chics de Paris intra-muros mais sur la brouillante RN 2, en face de l’ aéroport du Bourget. J’ai d'ailleurs connu l'endroit il y a plus de 10 ans quand je travaillais souvent avec l'aviation d'affaires.

S'il est vrai que la façade du restaurant ne laisse guère deviner les trésors culinaires qui se servent à l'intérieur de la maison, on est transporté à Fez dès qu'on a mis pied dans l'entrée. Mosaïques colorées et petites fontaines, tables joliment décorées et dont le blanc du damas rivalise avec l'élégance des tables d'un restaurant étoilé.  On y trouve toutes les spécialités de la cuisine marocaine, un délicieux couscous fassi et des tagines variés et exécutés avec brio, mon préféré étant le délicieux tagine kefta. Le couscous est léger comme l'air et a un goût de beurre fondant, le pain marocain maison subtilement parfumé à l'anis et au cumin accompagne parfaitement les délices servis.

Pour patienter, on vous servira certainement les pommes de terre chaudes, émincées et parfumées à l’harissa. 

Il faut pas non plus louper les patisseries faits maison et le thé à la menthe servi à grand renforts d’eau de fleurs d’oranger (qui doit apporter bonheur et prospérité). Et pour ne pas être triste que ce moment de bonheur se termine déjà, un petit digestif vous est offert. Optez alors pour la liqueur maison au goût prononcé de fraises de bois. Enfin le service est si chaleureux qu’on se sent presque à la maison, et la qualité constante au fil des années, ce que nous constatons à chaque fois que nous venons manger lors de nos escapades à Paris.

Je vous écris ça en rêvant à l’endroit qui nous était devenu si familier, nous ne rechignions alors pas de faire plus de 30 km pour venir manger, ce fut une sorte de pélérinage mensuel.

Si je devrai attendre Février 2006 pour goûter de nouveau aux spécialités du Palais de Fez, je vous invite de faire un tour sans tarder, si vous êtes dans les parages.

Palais de Fes

72, avenue du 8 Mai 1945

93150 Blanc Mesnil

(Face Aéroport Le Bourget)

01.48.67.12.00